Virad'A 2000

Hommage à Charles-Armand TRÉPARDOUX

Le saviez-vous ?
C'est à un creusois, Charles Armand Trépardoux, originaire d'Evaux-les-Bains, que nous devons les premiers pas de l'automobile, dans les années 1880 !
Rien d'étonnant donc à ce que la maintenant célèbre "Virad'A" des voitures de collection en Creuse soit une initiative Evahonnienne ...
Rien d'étonnant non plus à ce que ce rendez-vous attendu de l'an 2000 - qui se devait d'être exceptionnel - soit l'occasion de rendre hommage à cet ingénieur de génie, spécialiste des chaudières à vapeur, qui fut à Paris le fondateur d'une marque française mythique de l'automobile, les fameuses "de Dion Bouton". La première voiture à vapeur, mise au point en 1884, portait d'ailleurs le nom de "Trépardoux".
Cette 5ème édition de la Virad'A est donc particulièrement attendue, puisque c'est à un rassemblement exceptionnel "d'ancêtres" que nous sommes conviés, réunissant aux côtés des "de Dion Bouton" (dont certaines centenaires !) des automobiles d'avant la guerre de 1914... Un véritable musée roulant, illustrant la prodigieuse vitalité de l'industrie artisanale automobile du début du XXème siècle.
Pour ces très vieilles et dignes dames, les organisateurs auront tout de même quelques égards : à la vitesse moyenne fulgurante de 40 km/h, pas question de faire le tour du département en deux jours..., mais les admirateurs pourront les voir circuler sur les routes creusoises et assister à un fantastique "tour de ville", qui ne manquera certainement pas d'allure, dimanche 4 juin à Evaux-les-Bains… et admirer la passionnante exposition montée pour l'occasion par le propre arrière petit fils de Charles Armand Trépardoux à la Maison du patrimoine d'Evaux.
Je remercie les équipages participants de nous offrir un tel spectacle, d'autant que certains viennent de loin - l'Angleterre, la Suisse - ou de très loin, comme l'Australie...
Bonne Virad'A 2000 à tous !



Bugatti 35 de course sur le Pont suspendu de Saint-Marien

 
De DION-BOUTON   4 places
3.5 cv, 1900
 
PEUGEOT   Tonneau Roi des Belges
2600 cc, 1903

De DION-BOUTON   BR
Coupé chauffeur Landaulet 12 cv, 1908
GREGOIRE   Runabout
2200 cc, 1912
De DION-BOUTON   Tonneau R
Monocylindrique, 980 cc, 8 cv, 1903
De DION-BOUTON
Torpédo, 1923
De DION-BOUTON
Tonneau, 1905
BRASIER   Double Phaeton
2600 cc, 1911
De DION-BOUTON   CL
1200 cc, 12 cv, 1912
UNIC   Georges Richard
1910
ARIES   Coupé chauffeur
4000 cc, 1907
PEUGEOT   Tonneau Roi des Belges
2600 cc, 1903
De DION-BOUTON   DHC
4 cylindres, 12 cv, 1912
Paul, Pierre, Pensifs,
Perplexes, Préoccupés...Pourquoi ?
De DION-BOUTON   BR
Coupé chauffeur Landaulet 12 cv, 1908
De DION-BOUTON   CL
1200 cc, 10 cv, 1910
ARIES   Coupé chauffeur
4000 cc, 1907
GREGOIRE   Runabout
2200 cc, 1912
BUGATTI 57 Coach Ventoux 1937
BUGATTI 35 Course 1927
De DION-BOUTON   2 places, 1903..
..et son puissant monocylindre 980 cc, 8 cv
Remorquage insolite entre Aubusson et Felletin



Charles-Armand TRÉPARDOUX (1853-1920)
Pionnier de l'automobile
Cofondateur de la marque De Dion-Bouton
d'après Francis TRÉPARDOUX son arrière petit-fils

En France et en Allemagne, après 1880, le développement des techniques contribuant à la création de l'automobile fait appel à des inventeurs venus d'horizons très divers, des mécaniciens, des ingénieurs, des chimistes, des métallurgistes. L'association d'Albert de Dion (1856-1946) avec Charles Trépardoux et Georges Bouton (1847-­1938) est l'une des plus remarquables par son ingéniosité, par la force de sa créativité et la rapidité de son expansion.
Charles-Armand Trčpardoux nait en 1853 dans une famille originaire d'Evaux.
En 1868, Charles Trépardoux est admis à l'école des Arts et Métiers d'Angers. Rue de Clignancourt où il vit, il entre en contact avec un mécanicien qui y est également domicilié : c'est Georges Bouton. Peu de temps après, il épouse la soeur de celui-ci, Eugénie. Son beau­ frère est un professionnel avec une solide expérience derrière lui. Les deux hommes décident de travailler en commun dans un atelier indépendant proche de la rue de La Chapelle.
Trépardoux et Bouton sont deux hommes pleins de talents et de compétences, qui ne manquent pas d'idées ni de projets. Ces deux perfectionnistes de la mécanique construisent des instruments scientifiques de précision pour des amateurs fortunés, des matériels pour cabinets de physique, ou bien des locomotives de salon et des modèles réduits de bateaux à vapeur.
Au début de 1882, un client remarque une petite machine à vapeur, une merveille de mécanique et d'ingéniosité. Cet homme est le jeune comte Albert de Dion dont l'imagination se passionne pour la propulsion mécanique. Sa promptitude et son enthousiasme croissent encore lorsque Trépardoux et Bouton lui apprennent certains de leurs projets liés à la réalisation d'une chaudière d'un type nouveau. Celle-ci permettrait de construire des véhicules légers autotractés, entreprise jusque là irréalisable. Après quelques hésitations, un accord de collaboration est trouvé : de Dion financera les travaux de ses deux partenaires, leur assurant une rémunération et l'achat des fournitures.
Cette association conclue en 1882 fait l'objet d'un acte de société commerciale, enregistré à Paris sous le nom de "Trépardoux et Cie, ingénieurs-constructeurs". Charles Trépardoux, ayant seul le titre et les références d'un ingénieur diplômé, donne son nom à l'Entreprise.

Les promeneurs parisiens de l'Avenue de la Grande Armée peuvent voir évoluer en août 1884 une étonnante voiture à vapeur, propulsée par deux moteurs indépendants assurant 9 kg de pression par kilo de coke, et lui permettant d'atteindre la fabuleuse vitesse (pour l'époque) de ... 40 km/heure. De plus, elle fonctionne sans échappement visible de vapeur ni de fumée !
Installés à Puteaux, "De Dion Bouton et Trépardoux" présentent en 1885 un véhicule plus puissant, un phaéton pour quatre personnes à l'avant et un mécanicien-chauffeur à l'arrière, équipé d'une chaudière de plus forte capacité dont la provision d'eau permet une autonomie de parcours de quarante kilomètres. Cette première voiture de "tourisme" devient vite célèbre car elle est achetée par le chocolatier Henri Menier.
"De Dion Bouton et Trépardoux" fut en effet le précurseur de la vente, sur catalogue et à prix fixe, aux particuliers.
A partir de 1890 le moteur à pétrole retient sérieusement l'attention des constructeurs. Quelle sera l'attitude des associés de Dion, Bouton et Trépardoux face à une technique différente de la leur ? Albert de Dion décidera de franchir le pas et ce sera la rupture de l'association Trépardoux - en vaporiste intransigeant - partira avec fracas, d'autant qu'il vient d'être douloureusement affecté par la perte de son épouse.

Juridiquement, la Société de Dion Bouton et Trépardoux est dissoute le 27 mai 1893.

Albert de Dion et Charles Trépardoux sur leur premier véhicule construit


De DION-BOUTON ou TREPARDOUX and Co

La famille De DION était originaire de la région de Wandonne-Malfiance au sud de Saint-Omer, dans le Pas de Calais. L'un des ancêtres de Dion-le-Val en Belgique avait participé aux croisades, un autre est cité dans l'entourage de Louis XVIII et Jules-Philippe-­Félix-Albert (celui qui nous concerne) avait des convictions bonapartistes. D'abord Comte ­devenant Marquis à la mort de son père en 1901 - il entamera une carrière politique, d'abord en se faisant élire Maire de Carquefou (près de Nantes), puis Conseiller Général et député/sénateur perpétuel de la Loire Inférieure jusqu'en 1940 où il refusera d'ailleurs les pleins pouvoirs à Pétain.

La fortune familiale du Comte l'autorisait alors à recruter les géniaux bricoleurs BOUTON et TREPARDOUX pour créer d'abord un modeste atelier (où l'on produisait beaucoup sans vendre grand chose), puis un empire industriel qui deviendra celui du plus important constructeur automobile du monde à la belle Epoque. Et comme on avait en plus des idées, on pouvait les mener à bien au gré parfois de sa fantaisie, même si la manne financière devait connaître des limites. On rappelle avec une certaine délectation le conseil de famille qui devait un moment mettre en tutelle le fils prodigue, mais on raconte moins que l'industriel dut se résoudre à vendre une à une les propriétés familiales pour renflouer l'entreprise au moment de la grande crise financière des années trente. Le Marquis devait se retirer des affaires en 1933 à l'âge de 77 ans, pour décéder en 1946, après une vie exaltante et trépidante digne d'un roman.

L'œuvre d'Albert de DION

*L'Automobile Club de France en 1895 (le 1er au Monde)
*L'origine des courses de capitale à capitale -démarrant toutes de Paris et s'il n'y avait pas eu le malencontreux Paris-Madrid de 1903 où l'un des frères Renault trouva la mort, on aurait certainement connu Paris-Dakar dès les années 10
*La bonne utilisation des médias et le publi-reportage
*Le journal des sportifs L'AUTO qui, dès 1903, organisa le Tour de France cycliste et deviendra l'EQUIPE à la libération
*Les premiers panneaux de signalisation, les cartes routières et les guides (activités qui seront poursuivies par Michelin, comme par ailleurs la réalisation des "michelines" sur un projet des bureaux d'étude de Puteaux
*L'Aéro Club de France (de Dion-­Bouton devant construire des avions et les équiper de ses moteurs).

La production automobile de Dion-Bouton

*1883, début de la collaboration entre de Dion, Bouton et Trépardoux (et aussi Mérelle)
*Construction de chaudières à vapeur à des fins industrielles et navales, puis de véhicules routiers
*Installation à Puteaux en 1884
*1895, brevet du moteur MONO (après le départ de Trépardoux bouillant partisan de la vapeur)
*Réalisation du tricycle de 1886 à 1901
*Construction de la voiturette vis-à-vis de 1899 à 1902
*Production de la "populaire" de 1902 à 1905
*En 1910 le premier V8 et la fabrication de vélocipèdes
*Pendant la Grande Guerre : matériel militaire, blindés, mitrailleuses, munitions, pièces de mousquetons, moteurs d'avion (sous licence Hispano)
*La grande série des ID, IS, IT, IW de 1921 à 1928
*La dernière génération de voitures est de 1931
*D'autres réalisatiions (arroseurs, cars/bus, matériel ferroviaire, vélomoteurs et scooters) jusqu'en 1956.